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TEUMA : « Quitter l’Union cet été n’était   pas prévu dans mon plan de carrière »  
TEUMA : « Quitter l’Union cet été n’était   pas prévu dans mon plan de carrière »  

VINCENT JOSÉPHY

L. Dieffembacq / Belga

Heureux d’avoir rallié Reims, où il ne peut pas encore s’exprimer sur le terrain en raison d’une blessure,  l’ancien capitaine de l’Union revient sur les émotions qu’il a traversées lors d’une saison inoubliable. next

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S’il n’a pas sorti de champagne pour fêter à distance les deux premiers succès de l’Union, ce club auquel il est « viscéralement attaché », Teddy Teuma les a tout de même savourés à leur juste valeur. Arrivé à l’Union en janvier 2019, l’international maltais y a disputé 164 matches pour 31 buts et 44 assists. Aujourd’hui, il a tourné la page jaune et bleue en signant un contrat de trois ans (+1 en option) au Stade de Reims, un club qui a terminé à une intéressante 11 e place sous les ordres de Will Still, l’an dernier.

Teddy Teuma, après une saison exceptionnelle tant au niveau collectif qu’individuel avec l’Union, avez-vous enfin réussi à faire le deuil de ce titre qui s’est envolé de manière dramatique ?

Cela a été très difficile ! Durant toutes les vacances, je n’ai pas arrêté de penser à ce moment à la fois intense et surréaliste, à ce qui a bien pu se passer. Pourtant, à l’heure actuelle, je n’ai toujours pas d’explication rationnelle à vous fournir. On est littéralement passé par toutes les émotions : les plus belles comme la pire. Même si nous aurions préféré échanger les rôles avec les joueurs de l’Antwerp, on doit néanmoins retenir du positif de cette saison, apprendre de nos erreurs pour la suite de nos carrières.

Lorsque vous avez constaté que ce moment vous échappait à nouveau, vous vous êtes dit que vous étiez maudits ?

On a tous vécu un choc émotionnel gigantesque mais avec un peu plus de recul, je ne dirais pas que c’est une malédiction. Je pense qu’il y a deux ans, on n’était pas prêts à être champions malgré la grosse saison qu’on avait faite. Et cette année, malheureusement, j’ai envie de répéter la même chose. Pourtant, il me semble qu’on était davantage préparés mais pas encore assez. Qu’on le veuille ou non, on a manqué d’expérience en perdant ce titre qui ne devait pas nous échapper à 3 minutes de la fin du championnat. En revoyant les stats du match, on n’avait pas pris de carton jaune, par exemple.

Vous avez été trop gentils, trop naïfs peut-être ?

Sur ce match-là, clairement. Je ne dirais pas que c’est une faute professionnelle mais cela prouve qu’on n’était pas assez armés mentalement pour emporter ce titre. Faire preuve de vice, de malice, gagner du temps : ce sont les mauvais côtés du foot mais on aurait dû s’en servir à ce moment-là. Même si cela ne fait pas partie de nos principes. On a rarement été une équipe à casser le jeu, à gagner du temps, à « déjouer » entre guillemets. Mais là, on aurait dû…

Au-delà de la perte du titre, vous avez également brillé en Coupe, où vous avez atteint le dernier carré, ainsi qu’en Europa League, où votre route s’est arrêtée en quart de finale. Que retenez-vous de ces aventures ?

Que malgré le fait que beaucoup de gens nous disaient qu’on perdait trop d’influx nerveux en multipliant les objectifs, on a continué à jouer pour gagner tous nos matches, pas pour faire de la figuration. Au final, on est reparti bredouilles mais on a vécu une saison inoubliable.

La demi-finale retour de Coupe, à l’Antwerp, cela reste l’autre point noir de la saison, non ?

Oui, parce qu’on savait que le vainqueur de cette demie avait de grandes chances d’aller au bout. Malheureusement, je ne dis pas qu’on s’est « chié dessus » (sic) mais on a mis en place un système qui ne ressemblait pas à nos principes de jeu, où on pensait davantage à préserver l’avantage d’un but acquis à l’aller.

En Europe, vous êtes aussi passé par toutes les émotions. C’était dingue, non ?

Je sais que pas mal de personnes ont sous-estimé nos adversaires mais cela restait des matches d’Europa League face à de grosses équipes. Et on a écrit des scénarii de fou avec ces remontadas face à Braga, les victoires face à Berlin – à qui on a inscrit 6 buts en deux matches de 8 es de finale alors qu’ils ne pouvaient plus nous sous-estimer –, ou à Leverkusen, par exemple.

Votre meilleur souvenir européen, c’est quoi ?

Le match aller de Ligue des champions face aux Rangers à Louvain ! Une ambiance de fou, je marque un but et on gagne 2-0. Inoubliable.

Sur la saison, vous avez disputé un nombre incalculable de matches…

Et je le paie encore avec ma blessure qui n’est pas totalement résorbée ! On a joué deux matches intenses pratiquement chaque semaine et cela nous a coûté beaucoup d’énergie. Je me suis déchiré un muscle autour des ischios et j’ai forcé dessus pour terminer la saison. Aujourd’hui, je m’entraîne sans douleur à Reims mais la cicatrisation n’est pas encore terminée.

On ne vous verra donc pas ce samedi sur la pelouse du Stade Vélodrome à Marseille ?

Sauf miracle, non. C’était pourtant « le » match de l’année pour moi mais je préfère prendre le temps d’une guérison totale en évitant un ou deux matches plutôt que de risquer de rechuter et d’être à nouveau absent plusieurs semaines.

Ce départ de l’Union, c’était inévitable ?

Ce n’était pas forcément prévu dans mon plan de carrière, en tout cas. J’arrive à un âge (NDLR : 29 ans) où je suis bien installé. J’étais super bien à l’Union, mon fils en est le plus grand supporter mais j’avais toujours spécifié à la direction qu’il me manquera toujours un petit quelque chose si je ne découvre pas un jour cette Ligue 1 que je n’ai jamais connue. Je leur avais dit que je ne quitterais pas l’Union pour un autre club belge mais le projet que m’a proposé Reims est de ceux qu’on ne peut pas refuser. C’était la seule porte qui pouvait s’ouvrir pour un départ et ils l’ont bien compris. À presque 30 ans, je suis au top de ma forme et j’ai hâte de montrer mon nouveau visage à la France, plus près de chez moi.

Le public unioniste ne vous oubliera pas de sitôt. Si vous en avez l’occasion reviendrez-vous donner un coup d’envoi ou vivre un match des tribunes ?

Bien sûr, et pas qu’une fois. J’ai laissé beaucoup d’amis en Belgique. En quatre ans et demi, j’ai eu le temps de créer des liens forts à tous les étages du club. Ce sont des personnes qui vont me manquer et que j’ai hâte de revoir…

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