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“Teuma aurait pu faire partie de l’Union 60”
“Teuma aurait pu faire partie de l’Union 60”

C’ est l’histoire d’un
club qui en a vu

de toutes les cou-
leurs depuis sa

naissance. Un club qui est

passé par toutes les émo-
tions depuis sa création, le

1

er novembre 1897 : d’une pos-
sible faillite au statut de

meilleure équipe du
Royaume avec onze titres de
champion de Belgique avant
de passer par des décennies

d’anonymat puis par une ré-
surrection incroyable au

sommet du football belge.
Cette histoire, c’est celle de

l’Union Saint-Gilloise, qui a
fêté ce mardi ses 125 ans
d’existence. Avec une période

en particulier qui aura mar-
qué le football belge : la pé-
riode de l’Union 60 faisant

écho à la série du plus grand
nombre de matchs (60) sans
défaite dans l’histoire du
football belge.
. L’Anderlecht
de l’avant-guerre

Pour comprendre la lé-
gende de l’Union 60, il faut

remonter au tout début des
années 30. À cette époque,

l’Union a le plus grand pal-
marès du football belge et

flirte avec les 10 000 mem-
bres, tous sports confondus.

Si le Daring est aussi très po-
pulaire, l’Union est alors con-
sidérée comme le Sporting

d’Anderlecht d’avant-guerre.
Le jour de Noël 1932, l’équipe
bruxelloise entraînée par
l’Anglais Charles Griffiths
prend une sévère déculottée
face au Beerschot (4-1). Ce qui
a le don d’irriter le président
de l’époque, Joseph Marien,
qui donnera son nom au
stade l’année suivante, juste
après son décès. “Marien est
descendu dans les vestiaires en
disant que ça n’allait pas du

tout, raconte Yves Van Acke-
leyen, l’un des auteurs du li-

. Durant 60 matchs, l’Union restera invaincue… jusqu’à un duel face au Daring. © UNION, LES ARCHIVES

vre retraçant l’histoire du
club. La légende raconte que le

capitaine Jules Pappaert a en-
suite tenu un discours histori-
que : ‘Président, je vous pro-
mets que nous ne perdrons

plus un seul match jusqu’à la

fin de la saison.’ C’est à ce mo-
ment que débute la fameuse

série sans défaite du club.”
Entre le 8 janvier 1933 et le
3 février 1935, soit durant
755 jours, l’Union ne perd
pas une seule rencontre.
Avec une équipe très jeune et

sans véritables stars, à l’ins-
tar de l’équipe actuelle de

l’Union… “Griffiths a créé une
équipe comme celle de Mazzù
ou de Geraerts : il n’y avait pas
de vedettes, mais il y avait
beaucoup de travailleurs.

C’était une équipe qui ne lâ-
chait jamais rien. Le match nul

arraché face au Club Bruges le
mois dernier m’a fait penser à
l’Union 60 : c’était une bande

de copains qui se connais-
saient depuis longtemps et qui

étaient très solidaires entre
eux.”

“Il y a un vrai fil conducteur
entre l’équipe de l’Union 60 et

l’Union actuelle, continue Fa-
brizio Basano, un autre

auteur du livre officiel des
125 ans du club. Un joueur
comme Teddy Teuma aurait pu
faire partie de l’Union 60. Il a

ces caractéristiques du capi-
taine, du battant, du joueur

qui ne lâche rien et à qui per-
sonne n’a dit dans son adoles-
cence qu’il était une star. Il a

dû se faire lui-même, comme
beaucoup de joueurs de
l’Union 60. Le coach Griffiths

était aussi un grand motiva-
teur comme le sont Mazzù ou

Geraerts. Il est venu avec ses

idées et les a appliquées à mer-
veille : ce n’était pas du tiki-
taka, mais cela fonctionnait

plutôt bien.”
. La chance et la volonté
Pour pouvoir réaliser une
série comme celle-là, l’Union

a aussi pu compter sur le fac-
teur chance. Comme lors de

cette rencontre face au Cer-
cle Bruges où l’équipe est

menée 0-3 avant de finale-
ment l’emporter sur le score

de 4-3. Le tout avec très peu
de joueurs à disposition :

aucun changement n’était
accepté à l’époque. Certains
Unionistes ont participé aux
60 rencontres alors que la
majorité a joué 58 ou 59
matchs de la belle série. “Il y
a eu des faits de jeu qui ont été
à l’avantage de l’Union dans
certaines rencontres, avance
Yves Van Ackeleyen. Un ballon
qui rentre alors que personne
ne le voyait dedans, un peu à

l’image du but de Jan Verton-
ghen face au Japon. Mais, plus

que le facteur chance, il y avait
une vraie volonté. La plupart
du temps, l’Union était
meilleure que son adversaire.

L’équipe jouait dans un sys-
tème très offensif avec deux dé-
fenseurs, trois supports d’atta-
que et cinq attaquants. C’était

la façon avec laquelle les équi-
pes jouaient à cette époque.”

. La fin contre
l’ennemi juré
Finalement, la fabuleuse
histoire prend fin lors du
61e
match face… au Daring, le
grand ennemi juré de
l’Union. Une revanche sera
prise des années plus tard,

puisque c’est après une vic-
toire face au RWDM que

l’Union sera sacrée cham-
pionne de D1B en 2021…

Dans la foulée de cet ex-
ploit, les Unionistes vont voir

leur statut changer avec une
renommée internationale
qui leur permet de voyager
aux quatre coins du monde.
“La renommée de l’Union 60 a

traversé les frontières, s’ex-
clame Fabrizio Basano. C’était

déjà un club prestigieux, mais
l’épopée de l’Union 60 a permis
de redorer le blason de
l’équipe. Dans les années 80 et

90, l’Union 60 est restée le mo-
dèle, la référence du club. C’est

l’équipe qui a le plus marqué
les esprits. Finalement, on
parle même plus de l’Union 60
que des trois titres remportés
consécutivement durant cette
période. Cela veut tout dire…”
Nonante ans plus tard, la

légende est toujours bien vi-
vante au stade Marien, où les

joueurs évoluent avec des
maillots “Union 60” réalisés
en interne pour fêter les
125 ans du club. Un club qui
a toujours vécu avec son
passé et qui fait désormais

parler de lui avec son pré-
sent. Grâce à une bande de

copains qui ont d’ores et
déjà écrit l’histoire du club à
leur manière…

Si l’histoire de l’Union Saint-Gilloise est très riche, l’actualité du club l’est tout autant.
De retour en première division la saison dernière, le club n’en finit plus de surprendre son

monde avec une actuelle quatrième place en Pro League et une qualification pour les hui-
tièmes de finale de l’Europa League. Le journaliste sportif Eric de Boer a sorti un magazine

qui revient sur l’incroyable saison du retour de l’Union au plus haut niveau : L’Union en D1A,

le retour retentissant ! On y analyse le parcours de l’équipe de Felice Mazzù en champion-
nat, le retour de l’équipe en Coupe d’Europe et un focus est mis sur les Unio-
nistes devenus Diables rouges, à l’instar de Vanzeir et Van der Heyden

la saison dernière. “Même sans le sacre suprême, la cerise a été mise
sur le gâteau, explique Eric de Boer en introduction du magazine. Ce

retour en Coupe d’Europe, 58 ans plus tard, est en effet une belle ré-
compense pour ce parcours qu’aucun autre promu n’avait réussi

jusqu’alors. Le Parc Duden est à nouveau
facilement situé sur la carte footballistique.”
Et le moins que l’on puisse écrire est que
l’Union version Karel Geraerts continue sur
cette belle lancée…

“Après
sa naissance,
l’équipe a failli
ne plus exister”

L’Union est née le même jour
que la Juventus de Turin.

L a Juventus de Turin a
au moins deux liens
historiques avec l’Union
Saint-Gilloise. L’équipe

italienne, que les Saint-
Gillois ont affrontée du-
rant l’automne 1964 lors

de la Coupe des Villes de
foires, était leur dernier
adversaire européen
avant qu’ils ne retrouvent
la scène continentale en
2022.
Autre point commun :
les deux équipes sont
nées exactement le même
jour, le 1er novembre 1897.

“C’est du pur hasard, expli-
que Yves Van Ackeleyen,

l’un des auteurs du livre
officiel sur les 125 ans du
club. D’ailleurs, on ne sait
pas exactement pourquoi

l’Union est née le 1er novem-
bre 1897. À la base, des jeu-
nes adolescents s’amu-
saient à jouer au football

comme on le fait actuelle-
ment en ABSSA (NdlR : As-
sociation belge des sports

du samedi après-midi). Ils
ont vu qu’un championnat
commençait à se former et
ils se sentaient capables
d’affronter les meilleures
équipes.”

Grâce à un vrai bouche-
à-oreille, une équipe de

copains se crée et est ins-
crite auprès de l’Union

belge. Avec une moyenne

d’âge très basse… “Le pré-
sident avait par exemple 19

ans et était le plus âgé du
groupe, continue Yves Van
Ackeleyen. Ils vont être
confrontés à plusieurs gros

problèmes dans les premiè-
res années. D’abord, ils

n’ont pas de terrain officiel :
ils vont se faire prêter une
prairie sur laquelle il faut
tracer les lignes et enlever
les goals quand le match
est fini, puis ils vont aller à
Forest ou encore à Uccle. Ils
sont aussi en conflit avec

l’Union belge car la pape-
rasserie n’est pas la priorité

de ces jeunes : ils seront
souvent forfaits à cause de

documents non remplis. En-
fin, ils ont des problèmes

d’argent qui fait que la sur-
vie du club était en jeu à un

moment. Peu de temps
après sa naissance, l’équipe
a failli ne plus exister…”
Finalement, l’Union va
s’en sortir et décrocher
son premier titre de
champion de Belgique en

  1. Avant de devenir

l’une des meilleures équi-
pes du continent…

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