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Gustaf Nilsson : « Il faut   continuer à vivre comme avant »  
Gustaf Nilsson : « Il faut   continuer à vivre comme avant »  

VINCENT JOSÉPHY

D. Pintens / Belga

Présent au stade Roi Baudouin pour soutenir son équipe nationale, lundi soir, l’attaquant suédois de l’Union Saint-Gilloise a vécu un début de semaine chahuté. S’il se dit fâché et triste, il prend les choses avec un certain fatalisme. next

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Du haut de ses 196 centimètres et avec ses airs de grand échalas un peu dégingandé, Gustaf Nilsson détonne parfois un peu dans le monde du football professionnel. Âgé de 26 ans, l’attaquant suédois de l’Union n’est pas du genre excentrique quand il savoure ou fête un but. Il n’est pas non plus revendicatif à l’extrême quand il doit retourner sur le banc après une prestation généreuse et combative. « Team player » par excellence, l’ancien fer de lance de Wehen Wiesbaden, modeste club de D3 allemande, a vécu un début de semaine compliqué sur le plan humain. Lundi, alors que cette équipe nationale dont il a défendu les intérêts à deux reprises en janvier 2018 se produisait au stade Roi Baudouin, Nilsson a été bouleversé par ce qu’il a entendu vu, et vécu. Et il est revenu, en notre compagnie, sur cette soirée qu’il ne risque pas d’oublier… pour de mauvaises raisons.

Gustaf Nilsson, au vu de la dramatique actualité, la première question qu’on veut vous poser est de savoir comment vous allez…

Je vais bien, merci, même si la semaine a été assez compliquée.

Vous étiez lundi au stade pour assister à la rencontre entre la Belgique et la Suède. Quels sont vos sentiments 48 heures plus tard ?

Je suis fâché et triste à la fois au sujet de l’une situation qui nous préoccupe tous. Il s’est passé des choses horribles, avec ces supporters suédois qui ont été délibérément visés et tués par un terroriste.

Vous-mêmes, comment avez-vous vécu cette soirée ?

Je n’étais pas dans le compartiment réservé aux supporters suédois mais dans l’une des autres tribunes en compagnie de deux équipiers de l’Union, Mathias Rasmussen et Ross Sykes, ainsi que notre physiothérapeute. Je précise aussi que je ne portais pas de maillot de l’équipe nationale par exemple. Avant le match, nous étions allés dîner avec eux et on a appris la nouvelle à 20 ou 30 minutes du début du match, quand on était déjà dans le stade. Par la suite, comme tout le monde, on a été surpris par l’arrêt du match, même si c’est une décision qu’on comprend parfaitement et que j’aurais évidemment cautionnée si je m’étais retrouvé sur le terrain. Les joueurs se devaient de le faire par respect pour les victimes et leurs familles. En outre, je ne sais pas s’ils se sentaient totalement à l’aise. C’était vraiment une soirée triste qui s’est encore longtemps prolongée dans le froid. On ne peut évidemment pas blâmer la Belgique parce que cela aurait pu arriver n’importe où dans le monde.

Avez-vous été interrogé sur des questions de sécurité par vos amis, vos proches restés au pays ?

Oui, certaines de mes connaissances et ma famille étaient inquiètes à mon sujet parce qu’elles savaient que j’étais présent au stade. J’ai essayé de rapidement les rassurer parce qu’à l’intérieur, on avait le sentiment d’être en sécurité. C’était difficile pour tout le monde mais les spectateurs présents au stade Roi Baudouin sont restés calmes, écoutant les consignes de la police, qui a bien fait son travail pour nous mettre le plus rapidement en sécurité. C’était mieux de rester là un peu plus longtemps que de tout bousculer sans être certain que tout allait bien se passer. Il y a eu aussi de beaux moments de partage entre les fans suédois et leurs homologues belges, unis dans la même galère, habités par la même tristesse, dans le noir.

Aviez-vous déjà expérimenté quelque chose d’aussi négatif dans votre carrière de footballeur ?

Non, bien sûr. C’était dingue de se dire que des fans de football suédois étaient venus ici à Bruxelles juste pour assister à un simple match de football et que deux d’entre eux ont été ainsi visés à l’aveugle, sur leur simple nationalité. J’espère ne jamais avoir à revivre ce genre d’événement dans ma carrière.

Est-ce qu’en tant que Suédois, ce qui s’est passé peut changer votre vision de la sécurité dans notre pays ?

Non, j’habite à Anvers et je ne me sens pas spécialement en danger. Ce qui est arrivé est malheureux mais ne change rien à ma façon de voir les choses ni à mon envie de continuer à vivre comme je le faisais avant lundi.

Lors du match, vous vous sentiez en sécurité ?

C’est difficile d’être totalement affirmatif sur cette question parce qu’on pense à énormément de choses. Bien sûr, on était au courant que les autorités belges sécurisaient le périmètre mais il y avait tout de même ce que je qualifierais plutôt comme de l’anxiété.

Est-ce que vous avez eu la possibilité de discuter avec des joueurs de l’équipe nationale ?

J’ai parlé à l’un d’eux, Jesper Karlsson (NDLR : un ailier qui évolue à Bologne) que je connais parce qu’on vient de la même ville (NDLR : Falkenberg) et avec lequel j’ai joué chez les jeunes. Il était aussi sous le choc et triste par rapport à tout ce qui s’est passé.

Après ces événements, est-ce facile de rester focalisé sur son métier ?

Quand une chose comme celle-là se produit, c’est toujours agréable de se regrouper, pour jouer et ne penser qu’au football avec mes équipiers en club. Et pas à toutes ces choses négatives. Il y a beaucoup de choses tristes qui se passent en ce moment et pas seulement en Suède. Mais ce n’est pas mon rôle de les commenter. On a le droit d’être triste mais il faut essayer de voir les choses positives également, en espérant retrouver une sorte de paix.

On dit souvent que l’Union est une grande famille. Après les problèmes personnels rencontrés par Alexander Blessin, l’avez-vous encore davantage ressenti en ces temps difficiles pour vous et vos compatriotes ?

Clairement. Dans ce club, on essaie toujours de se soutenir dans les bons comme dans mauvais moments personnels comme collectifs.

« J’espère qu’on parviendra à rester en tête jusqu’au bout, cette fois »  

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Dès vendredi, Gustaf Nilsson va pouvoir tenter de penser à autre chose en retrouvant la pelouse à l’occasion de la visite d’Eupen au stade Marien.

Pour terminer par une note positive, évoquons tout de même ce début de saison canon de votre équipe, qui est à nouveau en tête. Est-ce que les prestations de l’Union vous étonnent encore ?

Pas vraiment, non. On sait la manière avec laquelle on travaille chaque jour à l’entraînement. On avait une équipe très forte l’année dernière mais on a perdu quelques joueurs cet été. Malgré cela, le club travaille bien et les garçons qui les remplacent ont eux aussi des qualités et se sont vite intégrés.

Vous évoquez quelques joueurs mais c’est presque une équipe complète qui s’en est allée…

C’est vrai, et au début, il n’est jamais évident de remplacer autant de titulaires mais on a su s’adapter. On enchaîne les matches très rapidement et il n’est pas évident de rester en forme tout le temps. La concurrence est importante, notamment devant avec des garçons comme Amoura ou Eckert, qui revient bien, mais elle est stimulante aussi. Cela nous aidera pour la suite de la saison, d’autant que nous avons tous des profils différents, qui permettent de proposer différentes options.

D’un point de vue personnel, vous avez déjà inscrit 5 buts en 10 matches de championnat, soit autant que sur l’ensemble de la saison dernière (29 matches !). Êtes-vous satisfait de ce bilan ?

Certainement, d’autant que j’ai entamé la saison en revenant de blessure. Maintenant, j’enchaîne davantage les matches et cela me fait du bien. Comme tout le monde, j’ai envie de commencer chaque rencontre. Après, que ce soit ou non le cas, j’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même pour aider l’équipe. Cela m’est arrivé quelques fois la saison dernière d’être décisif en sortant du banc et cela m’est encore arrivé récemment. Si vous êtes fâché ou démotivé quand cela se produit, vous n’aiderez personne.

Quels sont vos rêves, au fait, Gustaf ?

Ils sont simples. Je veux un jour pouvoir évoluer au sein de l’un des championnats du Top 4 en Europe.

Beaucoup de joueurs expliquent qu’ils ont eu des difficultés à digérer la perte du titre. Est-ce que cet échec est de nature à vous donner une motivation supplémentaire ?

Sans doute. Je crois que pas une personne ici ne pourra jamais oublier ce qui s’est passé en fin de championnat. Je pense qu’on a réussi à bien rebondir malgré tout comme en témoigne notre première place actuelle. J’espère qu’on parviendra à y rester jusqu’au bout, cette fois…

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