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Tests Covid falsifiés Seraing devra se défendre
Tests Covid falsifiés Seraing devra se défendre

Le RFC Seraing sera entendu ce mercredi à la Fédération pour un dossier de substitution d’identités de trois joueurs 

Le 3 février, Seraing s’était incliné 1-4 face au Standard.PhotoNews

PreviousNextLe RFC Seraing est convoqué ce mercredi devant les instances de la Fédération. En cause, une affaire de falsification de trois tests Covid deux jours avant le seizième de finale de Coupe de Belgique face au Standard. Si ce soir-là, le 3 février, le Standard avait émis des réserves sur la feuille de match, l’enquête a été initiée par le club du Pairay lui-même, qui dès la connaissance des faits, avait prévenu le Parquet de la Fédération.  prevnext

À trente secondes près, le 3 février dernier, le derby entre le RFC Seraing et le Standard, en seizième de finale de Coupe de Belgique, ne commençait pas. Informée de la possible présence sur la pelouse de joueurs contrôlés positifs et d’éventuelles irrégularités liées aux résultats de tests Covid dans le clan sérésien, la direction du Standard en avait averti la Pro League, Pierre François en l’occurrence. Le match, remporté 1-4 par le Standard, avait toutefois eu lieu, ce qui n’avait pas empêché le club de Sclessin de poser, après la qualification, une réserve sur la feuille de match, pour suspicion de match truqué, convaincu que son adversaire sérésien avait aligné des joueurs positifs.C’est là que l’histoire a commencé. Et a débouché sur une enquête de la Fédération belge de football, qui officiellement démarrera ce mercredi au siège fédéral par l’audition de plusieurs personnes. Dont, notamment, Mario Franchi, le président du RFC Seraing, Yanis Lahrach, un jeune joueur du noyau Espoirs, Manu Valoir, le coach de l’équipe réserve, et Peter Kerremans, le team-manager ou plutôt l’ex-team-manager des Métallos, tous entendus en qualité de suspects dans ce dossier de « possibles faits de falsification de match commis dans le cadre du match Seraing – Standard », selon les termes de la convocation envoyée aux intéressés par le procureur fédéral Gilles Blondeau.Sauf que selon nos informations, confirmées à plusieurs sources, ce n’est pas le match de Coupe de Belgique entre Seraing et le Standard qui est au centre des débats mais celui entre Seraing et Lommel, programmé trois jours plus tard au Pairay et qui était beaucoup plus important pour le club sérésien dans l’optique d’une montée en Division 1A.Voici les faits. C’est à la veille de Seraing – Standard, le 2 février, que l’affaire démarre. Trois jeunes joueurs du noyau Espoirs, Anthony Rallegri (20 ans), Yanis Lahrach (18) et Verlain Matondo (16) sont prévenus par un coup de téléphone parti du laboratoire dépêché la veille pour effectuer les tests officiels Covid, qu’ils sont positifs et donc priés de se mettre en quarantaine. Sauf qu’ils n’ont pas été testés et qu’ils n’étaient même pas présents ce matin-là au Pairay. Les trois jeunes joueurs tombent donc des nues et demandent au laboratoire à recevoir par e-mail le dossier à leur nom. Ni l’écriture ni la signature ne sont les leurs, mais celles de Peter Kerremans, le team-manager de l’équipe première, qui reconnaît plus tard devant eux qu’il a commis « une énorme erreur ». La conversation, enregistrée par les intéressés à son insu, est sans équivoque.Concrètement, ce sont Ablie Yallow, Abdel Al Badaoui et Yann Godart, trois éléments du noyau A, positifs depuis un moment, qui ont passé les tests. Lesquels révèlent que positifs, ils le sont toujours. Mais en faisant passer leurs dossiers aux noms, respectivement, de Matondo, Lahrach et Rallegri, qui sont placés en quarantaine à leur place, le RFC Seraing s’octroie la possibilité de leur faire reprendre les entraînements le plus tôt possible et de les faire à nouveau tester avant la visite de Lommel, en se disant que quatre jours peuvent suffire à les faire redevenir négatifs. Et donc, in fine, avec l’espoir très clair de pouvoir les aligner contre l’équipe campinoise.Détail amusant : le lendemain du match entre le RFC Seraing et le Standard, soit le jeudi 4 février, la Pro League ordonne qu’au petit matin, des tests Covid soient réalisés, sous son contrôle, sur tous les joueurs sérésiens testés trois jours plus tôt. Et donc, ironie du sort, sur Rallegri, Lahrach et Matondo, qui sont contrôlés… négatifs.Depuis ce 4 février, la Pro League a aussi revu son protocole, en exigeant, ce qui n’était pas le cas auparavant, que chaque personne testée le soit désormais sur présentation obligatoire de sa carte d’identité.Si une enquête a été initiée au niveau de l’Union belge, c’est aussi parce que le RFC Seraing s’est rapidement dénoncé, en reconnaissant qu’il y avait eu des problèmes dans la gestion des tests Covid, ce qui lui a déjà valu une amende de 5.000 euros versée à la Pro League pour non-respect du protocole sanitaire.Le club sérésien dit aussi avoir pris les mesures qu’il fallait en mettant un terme au contrat de Peter Kerremans, qui prétend avoir agi de sa propre initiative, pour faute grave. « A aucun moment, il n’y a eu falsification de match et aucune intention de nuire », se défend-on à Seraing, ajoutant que si comme le prétend Peter Kerremans l’objectif était simplement de pouvoir connaître la situation Covid des trois joueurs concernés, « l’acte est en soi est inacceptable ».Ce sera donc au procureur fédéral en charge du dossier à faire toute la lumière sur cette affaire dont Seraing se serait bien volontiers passé, puisqu’à l’arrivée le match face à Lommel, prévu le samedi 6 février, avait été annulé et sanctionné d’un score de forfait pour l’équipe campinoise qui ne s’était pas déplacée au Pairay en raison d’un nombre trop élevé de cas de coronavirus.Un dossier qui, contrairement à ce que le parquet fédéral pensait au départ, ne concerne donc pas le match disputé face au Standard, étant entendu que ce soir-là, aucun joueur testé positif n’était présent sur le terrain, ce que les nouveaux tests effectués au lendemain de la rencontre, tous négatifs, ont d’ailleurs confirmé.On ajoutera qu’un des jeunes joueurs, Anthony Rallegri en l’occurrence, a décidé de demander au RFC Seraing des dommages et intérêts pour usurpation d’identité, faux en écriture et faux et usage de faux, se réservant le droit d’ester en justice.

« Il n’y a pas eu de falsification de match »  

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Via son président Mario Franchi, le RFC Seraing devra donc s’expliquer, ce mercredi sur le coup de 10 heures devant le Parquet fédéral. Pour tenter de démontrer, comme le club du Pairay l’a fait savoir mardi par le biais d’un communiqué publié sur son site, qu’il n’y a eu ni tentative de falsification de match, et encore moins falsification de match ». Il plaidera aussi le fait que « la responsabilité de ces faits apparaît n’être le fait que d’une seule personne, M. Kerremans, qui reconnaît avoir simplement voulu vérifier si ces trois joueurs étaient bien positifs alors qu’ils ne ressentaient aucun symptôme afin qu’ils puissent reprendre les entraînements le plus rapidement possible ».Le club du Pairay précise aussi que « l’enquête a été initiée par le RFC Seraing lui-même en prévenant dès la connaissance des faits le Parquet de la fédération » et qu’il est donc « logique que le club soit convoqué afin de donner les explications utiles et nécessaires à la bonne compréhension de ces événements ». Le RFC Seraing rappelle dans la foulée que « le lendemain de cette rencontre de Coupe de Belgique, soit le 4 février, nous avons enregistré que tous les joueurs repris sur la feuille de match étaient bien négatifs lors de la prise de ces tests avec justification des identités. En toute hypothèse, les joueurs concernés ne se trouvaient donc pas sur la feuille de match et le club est donc heureux du fait que la santé des intervenants n’aurait pu à aucun moment être mise en péril ». Sauf que, photo à l’appui, Abdel Al Badaoui était bien présent lors de l’entraînement collectif la veille du match Seraing – Standard, malgré sa positivité, et présent au Pairay le jour de la rencontre.on ne peut pas être puni 2 fois pour la même faute…Cela étant, le RFC Seraing plaidera sa bonne foi, sachant qu’en droit, « non bis in idem », à savoir qu’on ne peut pas être puni deux fois pour la même faute. Et que dans ce dossier, la Pro League lui a déjà infligé une amende de 5.000 euros pour non-respect du protocole sanitaire.

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