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« L’USG, une de mes   plus belles périodes »
« L’USG, une de mes plus belles périodes »

Daniel Renders ouvre son album à souvenirs .

Alors que le derby bruxellois se profile à l’horizon, nous avons rencontré Daniel Renders. Arrivé au RWDM durant l’été en tant que coordinateur de la post-formation, l’ancien entraîneur adjoint d’Anderlecht est également passé par l’Union Saint-Gilloise dans les années 90. Pour La Capitale, il s’est replongé dans ses souvenirs.  prevnext

Vous avez entraîné l’Union deux ans et demi entre 1993 en 1995. Que retenez-vous de cette expérience ?En tant que Bruxellois, c’était quelque chose de très spécial de reprendre l’Union. Lorsque je suis arrivé à la mi-saison, le club était en très mauvaise posture. Il était dernier en D3 avec six ou sept points de retard sur l’avant-dernier, alors que le président avait formé une équipe pour monter. C’était compliqué mais on s’est finalement sauvé sur tapis vert. C’est l’année d’après que mon travail a véritablement commencé. J’ai voulu faire revenir dans le club des joueurs à la mentalité bruxelloise, des joueurs qui vont au charbon, que les supporters aiment. J’ai notamment fait venir Thierry Dailly que j’avais eu sous mes ordres précédemment à Wetteren. Au total, je l’ai eu quatre ans comme joueur. On avait une très bonne relation. C’était des gars avec cette mentalité qu’il fallait au sein de l’attaque. On a fait une saison tranquille où on a terminé à la sixième place. Mais c’est surtout l’année suivante qui aura été très positive puisqu’on a joué le titre. On a gagné une tranche mais malheureusement, on a perdu le tour final contre Turnhout, 1-0, sur penalty. Pour moi, cela a signifié la fin de mon aventure à l’Union car la direction avait estimé qu’on avait terminé sur un échec vu qu’on n’était pas monté. Mais je peux dire que c’était probablement une des plus belles périodes vécue en tant qu’entraîneur. On avait véritablement un terrible groupe, avec un capitaine emblématique en la personne de Danny Ost.Depuis votre passage à l’Union, avez-vous continué à suivre l’actualité du club ?Évidemment, en tant que Bruxellois ! D’ailleurs, je pense que je suis un des seuls entraîneurs, si pas le seul, à avoir entraîné dans les quatre grands clubs de la capitale. Je suis passé par le Racing Jet (NDLR : il est devenu le plus jeune entraîneur de l’histoire d’un club professionnel), l’Union, j’ai entraîné le RWDM et j’ai tout de même passé quatorze ans sur le banc au RSCA comme coach adjoint.Comment jugez-vous l’évolution récente de l’Union ?Les investisseurs anglais ont ramené l’argent. En football, sans argent, c’est très difficile d’y arriver. On peut faire des miracles une ou deux saisons. Mais à terme, ce n’est pas possible. En D1B, à part le RWDM, tous les autres clubs ont été repris par des investisseurs étrangers dont le budget est parfois trois, quatre, voire cinq fois supérieur à celui du RWDM. L’Union fait partie de ces équipes à gros budget de la série. Et je pense que c’est l’année ou jamais pour elle pour monter. Car à un moment donné, il faut pouvoir sortir de cette D1B. Il ne faut pas y rester trop longtemps car les investisseurs n’ont qu’une ambition, c’est d’arriver dans le top du foot belge. Ils se fixent un objectif de quelques saisons. Et s’ils ne parviennent pas à monter, ils se retirent. Tubize en est un bel exemple. Pour cela, à un moment, il faut pouvoir franchir le cap.Dimanche, vous allez retrouver le club saint-gillois, mais avec le RWDM. Que représentent pour vous ces quatre lettres ?Le RWDM, c’est le club de mon coeur. C’est ici que j’ai grandi. Mon papa a été des années entraîneur ici, du temps du Daring. Il a coaché l’équipe première durant trois ans. Et il a également été international en tant que joueur sous les couleurs du Daring. Personnellement, j’ai fait toutes mes classes de jeune ici. J’ai tout connu : la fusion, la grande équipe, le titre. Je jouais à ce moment-là en équipe réserve. Je me suis toujours dit que je voulais revenir ici, mais dans un contexte qui me convenait mieux.

« L’équipe A ? J’ai assez donné pendant 20 ans »  

Après vingt ans de service à Anderlecht, Daniel Renders a donc décidé, durant l’été, de revenir au bercail, là où tout avait commencé pour lui. Une décision qu’il a mûrement réfléchie. « Quand cela s’est terminé au RSCA, j’ai eu une conversation avec Thierry Dailly. Il m’a d’abord parlé de l’équipe première mais cela ne me tentait pas. J’avais assez donné durant vingt ans. J’ai 65 ans et je ne voulais plus faire les déplacements, les mises au vert, rentrer très tard le soir, devoir être là pour le petit-déjeuner, etc. Mais j’ai dit à Thierry que, mon dada, c’était la post-formation. »Message reçu cinq sur cinq par le président molenbeekois puisque Daniel Renders est aujourd’hui responsable de la post-formation au RWDM. « À Anderlecht, j’ai occupé cette fonction en partie sous Frankie Vercauteren et Ariël Jacobs. J’aidais à guider des jeunes comme Vincent Kompany, Romelu Lukaku, Anthony Vanden Borre, Vadis Odidja, etc. vers l’équipe première. Je trouve que cette fonction qui fait le lien entre les jeunes et l’équipe première n’existe pas assez dans les clubs. J’ai dit à Thierry de me laisser deux ou trois ans pour mettre les choses en place et que les jeunes viendront ensuite toquer à la porte de l’équipe première. »« 150 JEUNES PARFOIS SUR LE MÊME TERRAIN »Depuis l’été, Daniel Renders a donc entamé son travail à Molenbeek et a tout le loisir de constater les différences avec Neerpede, le centre de formation d’Anderlecht. « En fait, la grosse différence se situe au niveau des infrastructures. À Neerpede, il y a six ou sept terrains impeccables. À Molenbeek, il faut faire avec des très petits moyens. Quand vous venez en semaine, il y a parfois 100 ou 150 jeunes qui s’entraînent en même temps sur le même terrain. Ce n’est pas normal. Les équipes qui évoluent en Élites au foot à 11 s’entraînent quatre fois par semaine sur un quart de terrain… Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez de surface de jeu et qu’on ne sait pas construire un nouveau terrain sur le boulevard Machtens (rires). Mais je trouve cela injuste que le RWDM soit mis sur le même pied que d’autres clubs de la commune au niveau des occupations de terrain. Car le RWDM représente tout de même quelque chose au niveau de la Belgique. »

« C’était le bon moment pour partir d’Anderlecht »  

Quelques mois après son départ du RSCA, c’est avec un brin de nostalgie que Daniel Renders revient sur ses deux décennies passées à l’ombre de Saint-Guidon. « J’ai un grand respect pour le Sporting et pour ce que le club m’a apporté. Avant Anderlecht, j’ai eu une carrière d’entraîneur à mon niveau. J’ai certes entraîné en D1 au Racing Jet et au RWDM. Mais je n’avais pas les capacités ou l’aura pour tourner dans différents clubs de D1. J’étais dans une roue inférieure, plutôt en D2 ou en D3. Alors vous pouvez vous imaginer ce que cela m’a fait lorsque j’ai eu l’opportunité d’aller à Anderlecht… Lorsque je regarde dans le rétroviseur, je peux dire que j’ai été sept fois champion de Belgique, que j’ai connu la Ligue des champions, que j’ai été dans tous les plus grands stades d’Europe pour aller scouter les adversaires d’Anderlecht. À l’époque, Vercauteren voulait que ce ne soit que moi qui fasse ce boulot. J’avais aussi un grand respect pour la famille Vanden Stock. J’ai connu Constant durant deux ans. Il imposait le respect. Il ne s’agissait pas de venir mal rasé ou en training face à lui. Tout le monde devait être en costume. Anderlecht, c’était une famille où il y avait du respect entre les membres. »« LES NOUVELLES MÉTHODES ? PAS POUR MOI »Toutefois, c’est sans regrets que le Bruxellois pure souche a décidé de tourner la page chez les Mauves. « C’était le bon moment pour partir car je ne m’y sentais plus bien. Il n’y avait plus ce respect. Ce n’était plus ce que j’avais vécu. Et puis, sportivement, tu vieillis aussi. Les nouvelles méthodes avec l’analyse de datas et de statistiques pendant des heures, ce n’est pas pour moi. Moi, je suis de l’ancienne époque où je vais voir le match et je me fais ma propre idée. On m’a proposé quelque chose mais j’ai refusé car ce n’était pas intéressant financièrement. Mais aussi car je ne voyais pas l’intérêt de ce qu’on me proposait chez les jeunes. J’allais être un numéro parmi d’autres alors que j’estime qu’après vingt ans passés là, je représentais autre chose pour le club. De ce point de vue-là, l’opportunité offerte par le RWDM était beaucoup plus intéressante humainement. »

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