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L’Union déroule, le Standard s’écroule 
L’Union déroule, le Standard s’écroule 

Teddy Teuma: le but d’ouverture avant une sortie sur blessure.

Le Standard a subi une neuvième défaite cette saison à Sclessin. L’Union a quant à elle assuré, au prix d’une deuxième mi-temps bien mieux négociée que la première, sa place européenne, alors qu’elle entamera les Playoffs 1 en position de leader. next

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Le contraste est total, saisissant, même si quelques mètres seulement séparent les joueurs unionistes de leurs adversaires liégeois. Alors que Casper Nielsen et ses équipiers entament une énième danse aux coins des tribunes 2 et 4 de Sclessin, tout à leur bonheur d’être assurés désormais de terminer la phase classique du championnat en tête et de retrouver l’Europe après… 58 ans d’absence, la bande à Mehdi Carcela effectue à pas feutrés un dernier tour de stade, un peu forcé, sous les sifflets et les quolibets d’un public liégeois qui aura littéralement vécu une saison en enfer, avec neuf défaites (!) concédées par leurs favoris en bord de Meuse (pour trois succès seulement) et un bilan de 27,5 % des points pris à domicile.Entre le Standard et l’Union, il n’y a tout simplement pas eu photo dimanche en début d’après-midi à Sclessin, où la logique a été parfaitement respectée. Avec, d’abord, ce score de 1-1 qui avait sanctionné une première mi-temps plaisante à voir, débridée et très équilibrée, plus sans doute qu’on ne s’y attendait, avec de chaque côté un but inscrit sur une phase arrêtée (Teuma et Sissako) et un ballon repoussé par les montants (Emond puis Undav). « Il y a eu de notre côté trop de déchets et de pertes de balle mais aussi un manque flagrant d’intensité », regrettait Felice Mazzù. « On s’est vu beau trop tôt. On a manqué d’humilité et de simplicité alors qu’on savait que le contexte serait particulier et délicat avec un stade qu’on annonçait bien rempli, une équipe du Standard qui disputait son dernier match de la saison à domicile et la présence des repreneurs américains dans les tribunes, qui allait inciter les joueurs à se montrer. Heureusement, on s’est lâché en deuxième mi-temps… »Avec une équipe saint-gilloise archidominatrice, sûre de son jeu et de son football, bien en place et bien meilleure dans les transitions. Et qui, sans même forcer son talent, emballa la rencontre sans jamais relâcher la pression, laissant le Standard la tête sous l’eau, incapable de respirer et de réagir, pour finir par faire la différence sur un nouveau coup de coin, délivré cette fois par Nielsen pour la tête de Bager puis celle de Nieuwkoop, après des duels perdus coup sur coup par Dussenne et Emond. « On a eu beaucoup de difficulté à suivre l’intensité et l’agressivité imprimées par l’Union », confirme Luka Elsner, qui aura coaché son dernier match à Sclessin. « On a subi plus bas, on était un peu plus loin dans les duels et on a été étouffé par son contre-pressing bruxellois, l’une des armes les plus fortes cette saison de cette équipe ».Qui a déroulé jusqu’au bout, tranquillisée par un troisième but signé Nielsen sur un effort de Mitoma, alors que la sortie de Teuma, touché (sans gravité) au genou en première mi-temps, l’avait désorganisée pendant une dizaine de minutes, là où le Standard, intéressant par à-coups avant le repos, fut à la peine sur le plan physique et athlétique après, et partant de là dans l’agressivité affichée aux quatre coins du terrain. Avec les conséquences que l’on sait. « Il y a des regrets, comme il y en a beaucoup cette saison », dit encore le coach franco-slovène. « J’avais espéré que les changements rééquilibrent les débats, mais cela n’a pas vraiment été le cas. Quand on était bien en place tactiquement, cela a fonctionné plutôt bien et quand la force collective de l’Union a pris le dessus, on a rencontré les difficultés ».L’Union, elle, aura surmonté l’obstacle sans trembler et pourra donc, quel que soit le verdict de son duel des extrêmes face au Beerschot, entamer les Playoffs1 en tête. Une sacrée performance. « On doit avoir un énorme respect et une grande fierté pour ce groupe », estime Felice Mazzù. « On a commencé le projet il y a deux ans avec des joueurs qui venaient de divisions inférieures et d’autres de l’étranger. L’unique ambition, que les joueurs avaient relevée, était de monter en division 1A. Et cette saison-ci, au fil des mois, on s’est créé des objectifs : le maintien, les Playoffs 2, les Playoffs 1 puis ce titre de la phase classique. Bravo au groupe ». Un groupe qui aura parfaitement géré la suspension de 5 matches de Dante Vanzeir, en engrangeant 11 points sur 15. « Certains pensaient pourtant qu’on allait s’écrouler », lâche Mazzù. « On a dû trouver d’autres moyens de jouer, en préparant autre chose et en misant sur d’autres profils. C’est bien pour l’évolution du groupe ». Avant des Playoffs 1 que l’Union pourra aborder avec ambition. « L’ambition de gagner chaque match », nuance le technicien hennuyer. « Je n’ai pas envie de dire aujourd’hui qu’on va jouer pour être champion, mais bien pour gagner chaque match ».

Un record et  un retour en Europe 

 VINCENT MILLERprev

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L’Union terminera la phase classique avec quatorze victoires, deux nuls et une seule défaite à l’extérieur, totalisant 44 points sur 51 possibles. Aucune équipe n’a jamais fait mieux depuis l’instauration de la victoire à trois points lors de la saison 1996-1997 ! Le score à battre était de 42 points et détenu par le FC Bruges depuis 2000-2001. Le record désormais établi par l’Union est incontestable (que le championnat se joue à 16 ou 18 équipes) car le club saint-gillois détient également le plus haut ratio de points pris par match : 2,57.Grâce à cette victoire, l’USG va aussi retrouver la coupe d’Europe la saison prochaine. Et ce sera un événement. Car le matricule 10 n’a plus disputé le moindre match sur la scène continentale depuis le 7 octobre 1964 ! Clin d’œil du destin, le dernier adversaire rencontré par les Saint-Gillois était la Juventus de Turin, club créé le 1 er novembre 1897, soit le même jour exactement que l’USG. Et si ces deux vieilles dames se retrouvaient d’ici quelques mois pour fêter leur 125 e anniversaire ?Aujourd’hui, cette possibilité ne relève plus de l’utopie.Il reste désormais à savoir dans quelle compétition les Saint-Gillois seront versés. À l’heure actuelle, ils sont qualifiés pour le deuxième tour préliminaire de la Conference League. Mais ils ambitionneront très certainement au minimum l’Europa League, au mieux la Ligue des Champions. Deux compétitions que l’Union n’a jamais connues. Car à l’époque, c’était à la Coupe des villes de foires qu’elle prenait part. Une compétition créée en 1955 à laquelle les clubs étaient invités. Ils ne devaient donc pas s’y qualifier via leurs championnats respectifs. Cela signifie dès lors que l’USG vient de valider un ticket européen « sur le terrain » pour la toute première fois.Des exploits déjà réalisésL’histoire de l’Union en Europe débute en 1958 lorsqu’elle est conviée à représenter la capitale belge lors de la seconde édition de cette compétition (qui se déroulait sur plusieurs saisons). Le 29 octobre, elle dispute, et remporte, son tout premier match européen face à une sélection de la ville de Leipzig. Au deuxième tour, les Saint-Gillois réalisent un des plus beaux exploits de leur histoire lorsqu’ils éliminent la grande AS Rome emmenée par l’Uruguayen Alcides Ghiggia. L’Union devint alors le premier club belge de l’histoire à atteindre les demi-finales d’une compétition européenne, mais se fit sortir à ce stade par Birmingham City.Quelques années plus tard, en 1962, les Saint-Gillois allaient réaliser le deuxième grand exploit de leur histoire en sortant l’Olympique de Marseille. Au total, l’USG a disputé jusqu’à ce jour 17 rencontres européennes, réparties sur quatre éditions de la Coupe des villes des foires avec, comme meilleur résultat, une accession en demi-finale.L’histoire européenne de l’Union s’était mise sur pause il y a 58 ans. Elle se remettra en marche d’ici quelques mois.

LE DÉBRIEF DE PHILIPPE ALBERT  

« Chapeau au Cercle, pour   Van Damme et Anderlecht ! »  

 RECUEILLI PAR PHILIPPE DEWIT