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Felice Mazzu ” je ne suis pas mort pour le foot Belge “

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Neuf mois après avoir été limogé de Genk, il est de retour sur un banc de touche pour une rencontre officielle. Certains parleront de pas en arrière, d’autres de “reculer pour mieux sauter”. Mais Felice Mazzù n’en a cure. À l’Union saint-gilloise, il a retrouvé le plaisir d’entraîner. Et il aborde la nouvelle saison de D1B, qui débute ce vendredi par un déplacement déjà important à Deinze (19 h), avec une faim énorme.

Felice, avec des victoires contre le Standard, Lens, Valenciennes, Ostende ou Mouscron, on peut dire que l’Union a réussi sa préparation.

“On peut même ajouter la défaite à Genk, 3-1. Car, même si on a été battus, on avait déjà vu pas mal de belles choses et beaucoup d’occasions. Après, on a enchaîné grâce à un groupe qui est très réceptif par rapport à la philosophie de jeu qu’on essaie de mettre en place. Mais la préparation reste la préparation. Il ne faut pas tirer de conclusions, même si c’est toujours bien pour la confiance.”

Cela ne met pas une pression supplémentaire, quelque part, d’avoir été aussi performant en avant-saison ?

“On aurait eu plus de pression si on avait été battus par tout le monde car cela aurait voulu dire qu’on n’était pas prêts pour débuter le championnat. Ici, cela nous donne de l’énergie positive. Je suis surtout satisfait de mon groupe, qui est extraordinaire. Les joueurs sont à l’écoute. Il y a une vraie unité et l’envie de réussir quelque chose de bien tous ensemble. Pour le moment, mon message passe bien.”

Un message offensif qui ressemble un peu à ce que vous aviez mis en place au White Star.

“Oui, effectivement. On essaye de mettre en place la philosophe qui doit jouer le haut, avec un football conquérant, séduisant et porté vers l’avant.”

Cela vous tient à cœur, après avoir été parfois catalogué de coach défensif à Charleroi ?

“Non, pas spécialement. Je le fais car j’estime que le statut du club et les profils des joueurs l’imposent. Mais c’est vrai que je prends beaucoup de plaisir à installer ce type de football que j’ai peut-être moins installé ces dernières années. Je retrouve certaines sensations. Mais l’objectif, peu importe le football développé, c’est de gagner des matchs.”

Vous êtes satisfait du mercato jusqu’à présent, avec les arrivées de Moris, de Lapoussin, de François (arrivés de Virton), de Burgess, de Vanzeir ou encore d’Undav ?

“Oui, cela prouve que le club a envie d’avoir assez d’armes pour jouer le haut du tableau… même si un entraîneur essaye toujours d’avoir le plus de qualités possible. Je ne vous cache pas que nous sommes en discussion pour avoir l’une ou l’autre arme offensive supplémentaire. Pour le reste, l’équipe est très équilibrée.”

Undav devant, ce n’est pas suffisant ?

“C’est un beau joueur qui correspond à la philosophie que j’essaie de mettre en place. Mais il vient de D3 allemande et il faudra lui laisser un peu de temps pour s’acclimater, d’autant qu’il a terminé tardivement son championnat.”

L’arrivée de Vanzeir est assez cocasse dans le sens où il avait été prêté à Malines par Genk sous vos ordres.

“Mais il a une grosse mentalité. L’an dernier, je l’ai découvert et je ne le trouvais pas mal du tout, mais nous avions des attaquants comme Samatta, Onuachu ou Odey. J’avais été sincère en lui disant que ce serait compliqué pour lui de jouer mais que je trouvais qu’il avait un profil intéressant. Et je lui avais dit que, si un jour j’avais la possibilité de travailler avec lui dans un autre projet, je ferais appel à lui. Et j’ai tenu parole. Avec du rythme et de la confiance, il a le niveau de la D1A.”

Du côté des départs, on sait que Saussez peut se trouver un nouveau challenge.

“Oui, la décision a été prise par le club et le staff. Mais je lui souhaite de retrouver un défi à la hauteur de ses qualités. Cela n’a pas été un choix facile car on connaît son passé au club mais il faut l’assumer.”

En défense, Kandouss est convoité, par Ostende notamment. Vous avez peur de le perdre ?

“Non, car il y a toujours d’autres possibilités quand on perd un joueur. Mais j’espère ne pas le perdre car c’est un joueur de grosse qualité. J’espère que dans sa tête il est persuadé par notre projet. Quelle que soit l’évolution de sa situation du mercato, j’espère qu’il gardera les pieds sur terre, ce qui est le cas jusqu’à présent. Mais on sait que le mercato va durer jusqu’au 5 octobre. Et on ne maîtrise pas tout.”

Aujourd’hui, l’Union a le meilleur noyau de la D1B ?

“Je ne me permettrais jamais de dire cela. Je pense qu’on a un beau noyau. Mais cela ne suffit pas. Il y a d’autres paramètres qui entrent en compte pour réussir une saison : l’attitude, la mentalité, la cohérence entre les équipiers, la malchance, etc.”

L’Union a tout de même l’étiquette de favori de la D1B. C’est logique ?

“Les gens qui nous ont donné ce statut ont le droit de le faire. Je l’accepte. Mais je vois les choses différemment car il y a d’autres favoris dans la série, comme Deinze, qu’on affronte ce vendredi et qui a de gros moyens et un gros noyau avec des joueurs passés par la D1A. Ou Westerlo, qui a un noyau très conséquent également. Mais l’équipe que je crains le plus, c’est d’abord nous.”

En D1B, il n’y a que trois équipes qui sont les mêmes que l’an dernier. Il y a aussi les U23 du Club Bruges. Ce n’est pas trop compliqué de s’adapter ?

“On doit faire avec. Cela reste un championnat avec 28 matchs et avec l’objectif de prendre un maximum de points à la fin. Je sais que la série est un peu décriée mais je pense que c’est un gros challenge. Il suffit de regarder les équipes qui en sont sorties ces dernières saisons pour s’en convaincre. L’Antwerp joue le top 6 chaque année, Malines se bat aussi pour le top 6. Et quand je vois les débuts d’OHL et du Beerschot en D1A… C’est la preuve qu’il y a de la qualité en D1B.”

L’intégration des U23 du Club Bruges, elle vous inspire quoi ?

“Je trouve que le nouveau règlement mis en place n’est pas cohérent. Cette équipe peut aligner des joueurs de moins de 23 ans qui n’ont pas été titulaires cinq fois en équipe A. Cela veut dire qu’en début de compétition ils peuvent quasiment aligner une équipe avec des joueurs du noyau A. Ensuite, ils peuvent aligner des joueurs qui n’ont pas joué quinze fois 45 minutes en équipe première. En mixant tout ça, le Club Bruges peut aligner durant trois quarts de la saison des joueurs du noyau A. Je ne trouve pas ça très logique. Cela manque de clarté.”

Ce qui est clair, c’est l’objectif de l’Union : monter en D1A, 50 ans après. S’il n’est pas atteint, votre contrat ne sera pas prolongé. Comment vivez-vous cela ?

“Très sereinement. Je ne me suis plus senti aussi bien depuis deux ans. Les deux années que je viens de traverser m’ont bien fait réfléchir et me font dire que je dois rester moi-même, me battre et faire du mieux que je peux en fonction de ma personnalité. Je sens que je peux construire quelque chose ici.”

Votre personnalité semble déjà plaire aux supporters du Parc Duden, qui vous ont acclamé à Valenciennes. Mais qui ne seront pas présents en début de saison.

“C’est une grosse perte car on connaît le soutien de ce public extraordinaire. Mais cela m’a fait chaud au cœur d’être ovationné. Cela m’a rappelé le début d’une certaine époque à Charleroi. C’est bien de se sentir soutenu.”

On a l’impression qu’il y a d’autres similitudes avec vos débuts à Charleroi il y a quelques années, comme l’excellente ambiance qui règne dans le groupe.

“J’en vois aussi. Je revis un peu cette période de mes débuts à Charleroi. Le même phénomène se reproduit un peu et c’est la manière dont je me sens le mieux. Je reçois un énorme respect de tout le monde.”

Cela fait du bien, après neuf mois d’incertitude ?

“Oui, énormément. Je me suis posé des questions sur ma personnalité. Mais le fait d’être ici me rend convaincu que je peux faire encore de bonnes choses avec ma manière d’être. Cela fait du bien d’être sorti de cette période difficile et de retrouver des sensations positives. Je prends beaucoup de plaisir et j’essaie d’en donner aux gens autour de moi.”

Il y a un esprit de revanche à titre personnel ?

“Non… mais il y a une envie de montrer que je ne suis pas mort dans le football belge. Et que mon passage à Genk était peut-être un accident.”

Dans une interview qu’il nous a accordée récemment, Dimitri De Condé, le directeur sportif limbourgeois, a reconnu que la saison ratée de Genk n’était pas la faute de Felice Mazzù, entre les départs, les blessures et le relâchement quasi inévitable d’après-titre.

“Cela fait du bien d’entendre ça. Tout ne s’est pas greffé comme je l’aurais voulu au Racing mais je pense que j’aurais pu réussir quelque chose de bien là-bas. Si c’était à refaire, je le recommencerais… mais d’une autre manière, car je ne cache pas que j’ai quelques regrets de ne pas avoir pu m’installer dans la durée dans un grand club comme Genk pour les raisons que vous avez évoquées.”

Avec Genk, vous avez joué la Ligue des champions, à Liverpool notamment. Avec l’Union, le championnat débute à Deinze. Sacré contraste.

“Mais je prépare ce match avec le même enthousiasme qu’un match contre Liverpool. Dans la vie comme dans le foot, il y a de bons moments et de moins bons. J’ai vécu les deux. Et aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir reconstruire un nouveau projet avec envie et enthousiasme. Et pour moi chaque match sera un match de Ligue des champions.”

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