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Colbert Marlot quitte Tubize
Colbert Marlot quitte Tubize

« Je ne partageais plus la vision de la direction »

Exclusif : Colbert Marlot explique les raisons de son départ de Tubize pour la première fois

OLIVIER EGGERMONT
C’est officiel depuis une semaine : Colbert Marlot n’est plus le coach de Tubize. Le technicien a accepté de sortir de son silence et de nous expliquer les raisons de son départ. Un entretien à l’image de l’homme : franc et entier.
Colbert, quel est votre premier sentiment après avoir quitté l’aventure tubizienne ?
De la déception. C’est toujours frustrant d’arrêter une aventure comme ceci. J’aurais aimé continuer avec le club, c’est sûr. Mais nous partons en bons termes et avec un grand respect mutuel.
Quels étaient les termes exacts de votre désaccord avec la direction ?
Je ne vais pas rentrer dans les détails mais il y avait des divergences sur le plan sportif. Nous avons tenté de nous comprendre mais à partir du moment où nous n’y arrivions pas, cela ne servait à rien de continuer. J’étais le garant du volet sportif et à un moment, j’ai trouvé que certaines choses n’étaient pas positives pour le groupe. Je ne pouvais pas l’accepter. En cela, je suis en accord avec moi-même et c’est le plus important. Et je souhaite le meilleur à Tubize pour la suite.
La sélection obligatoire de joueurs coréens dans le groupe l’an prochain a-t-elle joué un rôle dans votre décision ?
C’est logique que les dirigeants veuillent amener des joueurs coréens. Cela fait partie de leur stratégie. Mais quand on est un coach, on veut les meilleurs. Si ces joueurs étaient très bons, il n’y aurait pas eu de souci. Mais s’ils ne l’étaient pas, cela posait un problème. Ici, la stratégie du club était de prendre des jeunes joueurs à former. Cela fait partie de leur projet.
Considériez-vous que le fonctionnement de la direction n’était pas compatible avec leur objectif de monter en Division 1 ?
Je pense que quand on a des ambitions importantes, une stratégie doit être mise en place. Et si je considérais que le fonctionnement n’était pas en adéquation avec ces objectifs, je ne pouvais pas le cautionner. Mais je n’ai pas la science infuse. Il n’y a pas de vérités absolues dans le football.
Votre départ va pourtant à l’encontre de l’envie de continuité du club.
Oui mais c’est moi qui ai décidé de partir. Ce n’est pas eux. À partir du moment où j’ai décidé de partir car je ne cautionnais pas certaines choses, le club était tributaire de mon choix.
Mais vous auriez pu rester si la direction avait fait un effort ?
Nous aurions pu trouver un terrain d’entente. Je n’étais pas fermé sur certaines choses, même si j’ai mes idées. J’avais mes raisons, le club avait les siennes. C’est dommage. Mais je suis quelqu’un d’entier et je ne déroge pas à cela. Je sais qu’on ne peut pas plaire à tout le monde et je suis resté moi-même.
Quel est le bilan que vous tirez de cette année et demie à Tubize ?
Un bilan positif car quand je suis arrivé, le club était dans une situation compliquée. Avec mon staff, nous avons mis en place une certaine rigueur de travail. Je pense que cela a plu aux gens et au groupe. Maintenant, il y a une équipe en place et une bonne philosophie de travail. Le chantier est plus avancé que quand je suis arrivé. J’ai apporté ma pierre à cet édifice. Cette année, nous n’étions pas loin de la montée mais nous avons eu des hauts et des bas.
En un an et demi, le football belge a appris à vous connaître mais l’inverse est aussi vrai. Quel est votre point de vue sur notre football à l’heure de quitter Tubize ?
Il évolue et on le voit bien avec votre équipe nationale qui est favorite pour l’Euro. Les réformes mises en place vont tirer le foot belge vers le haut.

Une officialisation qui a pris du temps

Si le départ de Colbert Marlot a été un secret de polichinelle après la fin de la saison, son officialisation a pris du temps. En effet, c’est un mois après le dernier match de championnat que le départ du coach a été annoncé par Tubize.
« La raison de cela ? Il faut poser la question aux dirigeants », nous répond Marlot. « Moi aussi j’ai été surpris par ce timing, c’est sûr. D’autant qu’il nous a desservi à Mickaël et à moi. »
En effet, les deux coachs ont été bloqués en Belgique puisque personne ne savait vraiment s’ils allaient partir du club ou rester. Des portes se sont donc fermées à eux pour cela.
« Nous avons clairement manqué des occasions à cause de cela. En Belgique, tous les postes sont pris à présent », grimace le technicien français. « Après, Micka et moi ne fermons pas la porte en Belgique. Des touches ? Il y en a bien entendu mais cela reste des contacts. Tout ce que j’espère, c’est de trouver un club dans lequel je pourrai prendre autant de plaisir qu’à Tubize. C’est ma priorité. »
Avec son année passée à la tête de Tubize, Colbert Marlot s’est en tout cas fait un nom en Belgique. Reste à espérer que cela ait aussi été remarqué outre-Quiévrain.
L’ADJOINT DE COLBERT MARLOT QUITTE ÉGALEMENT LE CLUB

« J’estimais avoir la légitimité pour le poste de T1 »

Colbert Marlot n’est pas le seul à quitter le navire tubizien au sein du staff. Il emmène avec lui Mickaël Delestrez, son T2. Ce dernier aurait tout de même pu rester au club, mais pas en tant qu’adjoint.
« J’ai émis le souhait à la direction de rester en tant que T1 mais pas en tant que T2. Cela n’a pas été accepté par celle-ci », confie Delestrez. « Ils m’ont signifié qu’ils cherchaient quelqu’un d’autre mais que je pouvais rester comme adjoint. Mais pour moi, cela n’aurait pas été honnête. Surtout envers le nouveau T1. Si j’étais resté, ce serait vers moi qu’ils se seraient tournés vu que je les connait déjà. Et de plus, je ne veux pas être le T2 qui porte les plots. J’estimais avoir une certaine légitimité pour revendiquer le poste de T1 mais le club en a décidé autrement. »
Pour cela, le duo que Mickaël forme avec Colbert Marlot était très complémentaire. En effet, c’est Delestrez qui donnait les entraînements et il pouvait aussi soumettre ses avis à Colbert. Le Français confie d’ailleurs qu’il ne pourrait accepter un nouveau rôle d’adjoint qu’avec Marlot.
« Mais à présent, j’aimerais vivre une aventure comme T1. Pour cela, je dois avoir la confiance de la direction, c’est ça qui était pratique à Tubize. Ici, ils me connaissaient et m’ont vu travailler. Je cherche un autre défi mais cela ne sera pas facile d’en trouver un en Belgique à cause de l’officialisation de notre départ qui est tombé tard. »
Une situation qui a été compliquée à vivre aussi pour le Nordiste. Enfin, celui-ci tire un bilan de son passage en terre brabançonne wallonne. Et celui-ci est positif.
« Je retiens le plaisir que j’ai pris avec les joueurs cette année », lance-t-il. « Nous avons pris beaucoup de plaisir à les entraîner puisque c’était un groupe respectueux et professionnel. Je pense aussi que nous avons apporté pas mal de progrès dans le projet de jeu tubizien en un an et demi. J’ai pris énormément de plaisir à Tubize. »

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