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“Les joueurs voulaient se mettre en grève pour moi”
“Les joueurs voulaient se mettre en grève pour moi”

Alex Hayes a mis deux semaines pour briser le silence. Pas pour casser du sucre sur le dos de l’Union Saint-Gilloise mais pour expliquer sa version des faits.

L’ancien directeur sportif de l’Union et le club sont actuellement en pleine discussion pour régler les compensations liées à son renvoi. Ce qui n’a pas empêché le Franco-Anglais, accompagné de son avocat Maître Fabrice Vinclaire, de nous livrer son ressenti. “Je digère encore. Mal, mais je fais

au mieux. Je me soigne car j’ai pris un coup.”

Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé le 12 février, jour de votre renvoi ?

“J’ai été convoqué par Alex Muzio, le président du comité d’administration, et Paul Mullan, un membre du CA, dans un hôtel de Bruxelles. Ils étaient en costard. C’est toujours un signe inquiétant. J’ai vite compris qu’il y avait un souci. On m’a lu un récapitulatif clinique de mes droits pour m’annoncer mon renvoi. Après cinq minutes, je me suis levé et je suis parti.”

Personne ne pensait vous voir prendre la porte…

“Je ne m’y attendais pas du tout. Il n’y avait rien de mal fait. J’ai bossé 14 heures par jour depuis la mi-mai, j’ai tout donné et déraciné ma famille de Londres pour réussir sur le long terme.”

Vous étiez adoré des joueurs et des fans !

“Leurs témoignages m’ont beaucoup touché. Le lendemain, les joueurs voulaient se mettre en grève pour me soutenir. Le directeur du CA est venu de Londres car les joueurs voulaient le voir. Il a tenté de leur justifier mon renvoi. Mais sans donner de raison car il n’y en a pas. Nous étions une famille avec ce groupe. Ce qui signifie de grosses engueulades autant que des moments forts. Sans cela, nous n’aurions pas grandi. Les fans ont également été géniaux. Dès le match suivant, j’étais en tribune sur invitation de leur part pour me témoigner leur soutien.”

Avez-vous reçu la moindre explication quant aux raisons de votre mise de côté ?

“On ne m’a jamais rien expliqué. Et cela ne m’intéresse pas. Ce serait me desservir. Je sais ce que j’ai fait pour ce club

Je ne serai jamais d’accord avec cette décision qui ne s’explique pas. Quand tu vis une belle histoire d’amour et que la personne dit ‘Je ne t’aime plus’… Bah, c’est comme ça. Je continue à aimer mais je ne peux rien y faire. C’est comme un divorce. J’espère toutefois que l’Union fera preuve de davantage de correction dans les modalités de séparation qu’elle ne l’a fait lors du licenciement.”

Votre limogeage est-il en partie dû à la vente tardive de Thibault Peyre à Malines ?

“Le choix de le laisser partir a été acté par la direction. L’agent du joueur m’a contacté le 30 janvier. Malines le voulait. Je n’étais pas partant à la base mais la direction anglaise n’était pas du tout opposée à son départ.”

Vous vous retrouvez donc désormais en plein processus de négociation de vos indemnités…

“J’ai trop de respect par rapport au club et aux supporters. Et j’ai trop d’affection pour le staff et les joueurs. C’est pour cela que je veux tout faire et que je continuerai à tout faire pour qu’on règle tous les détails à l’amiable. Même si la seule personne qui souffre, c’est moi.”

Vous souffrez d’autant plus que l’Union était un peu votre bébé…

“C’était un super défi. Il y avait tout à faire. L’équipe première s’entraînait sur un terrain vague. Les joueurs perdaient du temps entre le stade et le terrain, les soins n’étaient pas idéaux. J’arrivais dans un club à genoux. J’ai tout changé : nouveau terrain d’entraînement, nouveau staff, nouveaux joueurs et nouvelles méthodes. Pour finir par faire notre meilleure saison en 50 ans. Le gros du travail a été bien fait. Je suis très fier de ce que j’ai réalisé. C’est une réussite personnelle.”

Le choix de Lukas Elsner est-il votre plus grande réussite ?

“J’ai vite compris qu’il avait quelque chose, qu’il allait être l’homme de la situation. On travaillait en binôme. On se faisait confiance sur tout. Il m’a demandé de l’épauler sur le banc et je lui demandais aussi certains conseils. Nous sommes encore en contact. Humainement, l’expérience a été énorme.”

Pensez-vous avoir fait grimper la valeur du noyau ?

“J’évalue la plus-value au-delà du million. Facilement.”

Il a été sondé par Bruges et aimerait “rester en Belgique”

 Alex Hayes prend actuellement le temps de se poser. “De voir un peu plus la famille”, sourit-il.

Il n’en demeure pas moins ambitieux et avide de nouveaux défis à la mesure de ses ambitions. “Je suis à l’écoute d’offres et de projets, mais je prends le temps pour faire le bon choix”, confie-t-il.

Il ne ferme pas la porte à l’étranger

mais se verrait bien prolonger son séjour en Belgique. “J’ai apprécié la découverte du football belge et j’ai envie de rester ici.”

Il a déjà eu des contacts par l’entremise de ses représentants. Bruges s’est intéressé à son profil pour un poste à responsabilité mais n’est pas le seul club de D1A à le garder à l’œil. “Je pense surtout à m’engager pour un projet à long terme. Mon ambition est de me donner à fond pour un projet. Penser 24h/24 à ce que je suis en train de faire. J’ai connu beaucoup de postes mais je me sens le plus à l’aise et le plus compétent dans la gestion sportive. Être le relais entre le groupe et la direction. Avec l’idée d’améliorer un club comme j’ai pu le faire à l’Union.”

 

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