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Les clubs fautifs risquent d’aller en amateurs

Pas de tout repos, le job d’enquêteur sur le footgate ! Depuis le grand déballage de Dejan Veljkovic, l’agent au cœur du scandale, la justice doit éplucher de très nombreuses transactions liées à ce dossier. Ce mercredi, le Nieuwsblad a révélé que l’enquête s’intéressait à 34 transactions de joueurs de Malines, mais aussi du Standard, d’Anderlecht et d’Ostende, en plus de Genk, sur base d’un rapport de l’Union belge. Un nouvel épisode qui suscite certaines questions.

1Quelles sont les transferts auxquels les enquêteurs s’intéressent ?

Le transfert d’Ivan Obradovic de Malines à Anderlecht lors de la saison 2015-16 fait partie de transactions suspectes. Il en va de même du transfert et de la prolongation de contrat de Kosanovic au Standard, ainsi que celui de Cimirot du PAOK à Sclessin. Il y a aussi le cas de Milinkovic-Savic, lors de son passage de Genk à la Lazio, ainsi que celui de Marusic, d’Ostende vers la capitale italienne.

2Comment fonctionnait le système Veljkovic ?

Pour un transfert, Dejan Veljkoic dressait des factures de commissions, parfois déguisées en factures de scouting, au nom de sociétés basées à Chypre et au Montenegro, utilisant un vaste réseau de prête-noms et de sociétés écrans. L’une d’elles, Highballed Trading, est officiellement une entreprise spécialisée “dans les fruits de mer, la viande et le poisson”. Ce qui ne l’a pas empêché de recevoir plusieurs factures suite à la prolongation de contrat de Veselinovic à Malines en 2015…

Le but de ces opérations

est simple : pratiquer l’évasion fiscale et payer 9 à 12,5 % d’impôts plutôt que 29,58 % en Belgique.

Mais le stratagème ne s’arrête pas là. Pour certains clients de Veljkovic, l’argent revenait en cash jusqu’en Belgique, soit dans des enveloppes soit dans des… sacs assez volumineux. Ou soupçonne ainsi Peter Maes d’avoir touché 2,5 millions d’argent noir lors de son passage à Lokeren et Genk.

La justice essaie désormais de savoir si des joueurs ont bénéficié de ce système et si les clubs étaient au courant.

3Comment ont réagi les clubs cités ?

Le Standard et Ostende ont à peu près tous tenu le même discours. “Les factures remises au procureur ont été établies correctement”, estime Ostende.

“Le club collabore en toute transparence”, précise le Standard. “Toutes les transactions sont toujours conclues dans le cadre de conventions totalement classiques et courantes. Elles respectent les principes internes du club en termes de budgets alloués

aux intermédiaires pour leurs interventions : entre 5 et 10 % du budget salarial du joueur. Les montants payés aux différents intermédiaires ont également été systématiquement renseignés au fisc belge.”

En coulisses, le discours d’Anderlecht est le même : ses dirigeants affirment qu’ils ne sont pas inquiets.

On ne peut pas en dire autant de Genk, Lokeren et Malines. Le club limbourgeois est suspecté d’avoir payé des fausses factures de scouting, pour des montants exorbitants de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Malines serait concerné par plusieurs transactions louches. Dont des sommes payées pour deux joueurs ghanéens, dont le fils de l’ancien président du Ghana. Au final, ils n’avaient même pas le niveau pour évoluer dans l’équipe espoir ! Mais ils ont tout de même engendré des commissions importantes.

4Que risquent les clubs en cas de condamnation ?

En cas de match truqué par un dirigeant, la sanction est la radiation pure

et simple du club. C’est ce qui pourrait arriver à Malines, soupçonné de corruption.

Pour l’argent sale, la sanction est un peu moins lourde. S’il s’avère qu’un dirigeant a pris part au blanchiment d’argent ou qu’une double comptabilité a été tenue, le club incriminé peut perdre sa licence pro. Au fil des mois, l’enquête fera la lumière sur les responsabilités des clubs. Genk, Lokeren et Malines sont directement ciblés. D’ici quelques années, la D1 amateurs pourrait être sacrément riche. Aussi corsée qu’une facture de Dejan Veljkovic…

Les comptes de Mouscron gelés : la licence en danger

Alors que le club vit des moments historiques grâce à six victoires en autant de rencontres en 2019, il semblerait que du côté de la gestion du club, tout n’est pas au point. En effet, jeudi, les comptes du club ont été gelés et deux administrateurs par intérim ont été nommés, comme l’a confirmé le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sypt. “À la demande du juge d’instruction, tous les comptes ont été gelés et les fonds confisqués […]. Il a été décidé de nommer deux administrateurs

intérimaires qui assureront temporairement la relève au sein du club.”

Le 14 novembre dernier, sept perquisitions avaient été réalisées au club de football de Mouscron, chez des dirigeants du club, à l’Union belge, à la Cour belge d’arbitrage pour le sport (CBAS) et à Celles. Ces perquisitions, qui avaient été menées par la police judiciaire fédérale de Mons-Tournai, concernaient notamment le dossier d’obtention de la licence de l’Excel Mouscron ces dernières années.

Le dossier judiciaire avait été ouvert en avril dernier pour faux, usage de faux, escroquerie et blanchiment d’argent. Ce dossier impliquerait Pini Zahavi, ancien actionnaire majoritaire du club, qui aurait fourni des faux documents à la CBAS pour l’obtention de cette fameuse licence qui permet au club de participer aux compétitions professionnelles belges. Le but de cette manœuvre, réalisée par Pini Zahavi, était de faire croire à la commission des licences et à la Cour belge d’arbitrage pour le sport qu’il ne

possédait plus le club de Mouscron. Lorsque Mouscron s’est vu refuser sa licence dans un premier temps, le club a donc présenté à la CBAS des documents dont la justice suspecte qu’ils sont faux.

En effet, Pini Zahavi aurait revendu 90 % des parts de Mouscron à une société basée à Malte pour 10 euros à peine…

Cette mesure, qui est de geler les comptes du club, est assez stricte et résulte dès lors des conséquences de l’enquête qui est menée depuis le mois d’avril dernier. Les enquêteurs soupçonnent aussi le club d’être soutenu par un financement illicite de plusieurs millions d’euros émanant de sociétés offshore.

Une annonce qui met dès lors la licence du club pour la saison prochaine en danger. Patrick Declerck, le président de Mouscron tempère toutefois : “Le club va communiquer ce jeudi à ce propos par voie officielle. Tout ce que je peux dire pour le moment, c’est qu’il n’y a aucune raison de s’alarmer et que la continuité du club est assurée.”

À noter que cette enquête est indépendante du dossier connu sous le nom de Footgat e.

 

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