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« Le bon train ne passe qu’une seule fois »
« Le bon train ne passe qu’une seule fois »

Trois semaines après avoir plié ses bagages et rejoint Malines, Thibaut Peyre, l’ex défenseur central de l’Union, s’apprête à croiser la route de ses anciennes couleurs ce samedi soir à l’AFS Stadion. Le Français de 26 ans nous a reçus mardi dans les travées de son nouveau « chez lui » pour lancer le duel le plus particulier de la saison. Son transfert, son avis sur l’Union ou encore son futur : il n’a éludé aucun sujet.

Avant la réception de l’Union ce samedi soir, Thibaut Peyre s’est longuement livré 

Football – Division 1B (Malines-Union Saint-Gilloise, ce samedi à 20h30) 

En un an et demi à l’Union Saint-Gilloise, Thibaut Peyre ne s’est fait que des amis. Sympathique et très ouvert, le défenseur français s’était rapidement installé dans le onze de Marc Grosjean dès son arrivée, avant de démontrer, en coulisses et auprès des fans, que derrière le footballeur se cachait aussi un être humain plein d’humilité. Ne refusant jamais une interview, même lors d’une cinglante défaite, c’est à cœur ouvert que le nouveau transfuge du KV Malines s’est confié, en début de semaine, avant la réception de l’Union SG, son désormais ex-club.

Thibaut Peyre, votre intégration à Malines semble se passer à merveille. Vous avez même choisi de suivre des cours de néerlandais avec l’assistante sociale du club !

Je sors effectivement de ma troisième leçon (sourire). Lorsque l’on me l’a proposé, je n’ai pas longuement hésité. Pour s’intégrer, c’est très intéressant d’avoir les bases. Et puis, j’aime bien apprendre. Cela me permettra aussi de connaître les bases afin de se comprendre sur le terrain. Si je

suis amené à déménager l’an prochain (NDLR : actuellement, il vit toujours à Bruxelles) ce sera également très utile pour la vie de tous les jours.

Vous n’aviez jamais pratiqué la langue jusqu’ici. Que vous apprend-on ?

Nous essayons de réaliser un résumé du match du week-end, tout en apprenant à utiliser, de manière correcte, les mots basiques. Tout se fait de manière très ludique. À l’Union, tout se passait en français ou en anglais. Honnêtement, après avoir passé six ans en Belgique, il était temps que je m’y mette !

Malines est d’ailleurs le premier club néerlandophone de votre carrière. Aviez-vous une certaine appréhension en débarquant ici ?

Aucunement. Je savais que cela serait sans doute différent. Mais tout s’est fait naturellement, même s’il est vrai que les francophones restent un petit peu entre eux. Au final, l’essentiel, c’est que nous sommes tous rassemblés pour une même passion : le ballon.

Ce transfert, arrivé au dernier jour

du mercato hivernal, vous vous y attendiez ?

Honnêtement, pas du tout. Je m’attendais encore moins à recevoir une offre de la part de Malines. Le 30 décembre, le jour après notre élimination en Coupe de Belgique, je reçois un appel de mon agent qui m’annonce que le KaVé est intéressé par mon profil. En 24h, tout était réglé et j’ai signé le jeudi soir, aux alentours de 21h30. L’Union a été très correcte et a respecté mon choix. Au décompte final, les trois parties s’y retrouvent.

Vous n’avez d’ailleurs pas manqué vos débuts, puisque vous avez été titularisé à trois reprises suite à la suspension de Mera.

Je savais, en signant le jeudi, qu’on ferait appel à moi dès le samedi. Je me devais donc d’être prêt, de répondre à l’attente. Je n’ai pas ressenti de pression car je savais dans quel environnement je débarquais. L’équipe vise le titre et il est primordial de tout gagner, le Beerchot ne lâchant rien et nous donnant du fil à retordre. À nous donc d’être

concentrés afin de ne pas perdre de plumes d’ici à la fin de la phase classique.

Avant de débarquer à l’Union à l’été 2017 vous étiez un peu tombé dans l’oubli à Mouscron. Estimez-vous que l’Union a permis de relancer votre carrière ?

Je sortais de quatre saisons à Mouscron, avec une saison blanche, ou presque, en me faisant les croisés à deux reprises. J’avais alterné le bon et le moins bon en revenant et la direction hurlue avait décidé de ne pas me conserver. L’intérêt de l’USG -un club que je ne connaissais pas alors- m’a plu et le projet était cohérent. En un an et demi, j’ai pu retrouver mon niveau de jeu et aligné pas mal de rencontres. Sur les dix-huit mois passés à Saint-Gilles, je ne garde que de bons souvenirs. C’est le club où j’ai eu le plus d’attaches en si peu de temps. Et finalement, c’était peut-être un pas en arrière en 2017 mais qui me permettra, et ça l’avenir nous le dira, de faire deux pas en avant.

La saison dernière,

vous étiez un titulaire indiscutable sous la houlette de Marc Grosjean. Avec l’arrivée de Luka Elsner, les dés ont été relancés et vous n’étiez plus un plan A en début de saison. Comment l’avez-vous vécu ?

Très difficilement. C’est une épreuve qui m’a fait grandir puisque c’est la première fois de ma vie que je m’asseyais sur le banc trois ou quatre matches d’affilée. Mais, en parallèle, cela m’a forcé à redresser la barre, à inverser la situation afin de devenir un titulaire à part entière avec le nouveau coach. Lorsque je traverse des périodes de doutes, je me souviens de ces moments-là, et cela m’aide à rebondir.

Votre professionnalisme vous a, finalement, permis de retrouver du crédit aux yeux d’Elsner. Vous a-t-il fait passer un palier cette saison ?

Luka Elsner m’a énormément fait progresser. Je n’arrête pas de vanter ses mérites. Le travail finit toujours par payer et je suis heureux de n’avoir jamais abandonné. Et pour ma femme, il était temps que je rejoue puisque quand j’étais

sur le banc, je rentrais avec trop d’énergie à la maison (rires).

Finalement, ce transfert à Malines, c’était difficile de le refuser, non ?

Complètement. Si vous posez cette question aux vingt autres joueurs de l’Union, ils répondront tous que c’est un choix logique. J’avais déjà côtoyé Malines lors de mon passage à Mouscron, en D1, et je me disais déjà à l’époque que c’était un stade magnifique et une ambiance de folie. À 26 ans, j’ai peut-être raté quelque chose en début de saison avant de subir deux graves blessures. Du coup, lorsque le train passe, il faut pouvoir sauter dedans.

Le timing n’était peut-être pas idéal, l’Union venant d’être éliminée en demi-finale de la Coupe par… Malines !

Je le conçois et je comprends la colère des supporters unionistes. D’ailleurs, les dernières semaines n’ont pas été simples et j’ai vécu pas mal d’aigreur, de messages agressifs. C’est compréhensible car les fans m’aimaient et je les aimais aussi. Cependant,

ils doivent aussi se mettre à la place d’un sportif professionnel qui doit construire une carrière. Et puis, ce qui n’est pas logique dans toute cette histoire, c’est qu’il y ait eu une rivalité entre les deux clubs, que les matches aient toujours été disputés et mouvementés.

Les supporters unionistes parlent même de trahison et n’ont toujours pas digéré votre carte rouge lors de la demi-finale aller.

Les gens qui me connaissent, et les fans le savent au fond d’eux-mêmes, sont conscients que je n’ai pas délibérément reçu une carte rouge en début de seconde période. Je n’ai pas à me justifier puisqu’il n’y a aucun fondement là derrière. Si j’avais voulu aider Malines, j’aurais inscrit deux buts contre mon camp… Jamais je n’aurais fait une telle chose à l’Union, un club dont j’ai été fier de porter le maillot, un club où je n’ai jamais triché.

À 26 ans, c’est aussi l’occasion de tout mettre en œuvre pour retrouver la Division 1A…

Une opportunité incroyable

m’a été offerte. Nous verrons si c’était le bon choix. Peut-être que ce transfert donnera un nouvel élan à ma carrière, car je pense avoir les qualités pour évoluer à un échelon plus haut. Je mettrai donc tout en œuvre pour y parvenir.

Cela passera par un succès face à vos anciennes couleurs ce samedi. Le septième affrontement entre les deux matricules cette saison !

Le championnat est particulier et je pense que de très nombreux joueurs aimeraient voir le format changer. L’Union, ce sera un gros morceau qui aura, de surcroît, une double motivation : celle de battre Thibaut Peyre, mais surtout, d’enfin faire vaciller Malines, le club qui s’est dressé devant eux tant de fois cette saison. Il y a eu quelques échanges avec mes anciens coéquipiers, on se chambre, forcément. Rien qu’à l’idée d’avoir Saussez ou Kis dans le tunnel face à moi, cela sera particulier.

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